5 gros conseils pour photographier une pièce de théâtre sans revenir bredouille

« Le monde entier est une scène, hommes et femmes, tous, n'y sont que des acteurs, chacun fait ses entrées, chacun fait ses sorties, et notre vie durant, nous jouons plusieurs rôles. »


C’est beau n’est-ce pas ? Pour être honnête, ce n’est pas de moi, mais de William Shakespeare.

Cette citation parle de rôle, et votre rôle aujourd’hui : c’est photographe.





Vous êtes peut-être un fan d’art dramatique, ou vous avez été missionné par un de vos proches pour prendre en photo le spectacle dans lequel il se produit, ou encore vous êtes peut-être un parent aimant voulant immortaliser les premiers pas de sa progéniture dans le monde de la comédie.


Quoi qu’il en soit, vous allez devoir appuyer sur un bouton. Et faire « CLIC », « CLIC », « CLIC ».

Oui mais voilà. Prendre en photo une scène de théâtre c’est un cas assez particulier de la photo. D’ailleurs, au fond de vous-même vous le savez, et c’est pour cette raison que vous avez taper dans la barre de recherche « conseils photo pièce de théâtre ».


Vous cherchez des conseils sur le sujet, et vous êtes au bon endroit.

Avant de rentrer dans le vif du sujet, je précise que cet article a été écrit par moi (Gaëtan), du site www.photomaniac.fr. D’ailleurs, en cliquant sur ce lien vous pourrez accéder à ma formation gratuite de plus de 8 heures sur les bases de la photo. Je vous invite à vous y inscrire si vous voulez vous forger des bases solides en art photographique.

Dans cet article je vais vous parler de 5 GROS conseils pour immortaliser une œuvre théâtrale.


Allez en avant Guingamp !


1.) Obtenir des visages exposés correctement


« Tu ne veux pas plutôt nous parler de temps de pose et de l’ouverture ? »

Je vais vous parler des réglages après. Oui.


Mais pour le moment je vais vous parler d’un réglage trop souvent oublié : le mode de mesure de l’exposition. Pour rappel le mode de mesure est la surface du cadre sur laquelle va se baser le posemètre pour mesurer la lumière. Et à partir de cette mesure, le posemètre détermine les réglages nécessaires pour exposer correctement.

Donc bien souvent on reste en mesure matricielle. C’est-à-dire que l’appareil photo prend en compte l’ensemble de ce qu’il voit pour faire sa mesure d’exposition. Ce qui est un mode de mesure correct dans la plupart des situations.


MAIS !


Si la représentation est principalement éclairée par une série de projecteurs plutôt que par une lumière uniforme : passez en mesure spot. Cette mesure se concentre sur une zone circulaire autour du collimateur centrale.


Pour l’utiliser correctement :

  1. Faîtes la mesure sur le visage du sujet

  2. Bloquez-la

  3. Faîtes vos réglages jusqu’à ce que le posemètre indique 0

  4. Recadrez

  5. Déclenchez


Fini les visages complètement délavés et sans traits sous les lumières vives des projecteurs ! Miracle !


Attention : ce n’est pas une fin en soi. Dès que la lumière change il faudra refaire la mesure d’exposition et les réglages adaptés.




2.) Mettez-vous en mode priorité à la vitesse


Vous aviez peut-être l’habitude de photographier jusque-là en mode automatique. Je vous arrête tout suite. Vous pouvez oublier. Vos résultats seront beaucoup trop aléatoires et approximatifs avec ce mode.

Réglez plutôt votre appareil en mode de « priorité à la vitesse » : S ou Tv (selon la marque).


« Mais pourquoi ? »

En fait dans ce type de scènes on va souvent ouvrir très grand pour capturer un maximum de lumière (mais j’y reviens plus après). Donc on ne va donc pas trop se soucier de l’ouverture à moins réellement avoir besoin d’une grande profondeur de champ.


Si on se met en mode priorité à l’ouverture : le temps de pose se règlera AUTOMATIQUEMENT et il est possible qu’il soit trop lent pour vos sujets.


Et oui ! N'oubliez pas que vous photographiez des sujets VIVANTS ! Ce qui signifie que vous ne devez pas descendre en dessous de 1/250 s, ou 1/125 s (pour les scènes les moins mouvementées).


En gardant un temps de pose court : vous limitez les risques de flou de mouvement (dû au mouvement du sujet) et de flou de bougé (mouvement de votre appareil photo). Ce cette manière vos photos seront plus nettes


MAIS !


Il existe une exception à cette règle : si vous désirez volontairement capturer des traînées de mouvement.

Si vos sujets dansent, par exemple. Prenez quelques photos avec un temps de pose plus long comme 1/60 s. De cette manière vous capturez un peu de flou du mouvement de vos sujets. À ce propos il existe des techniques géniales avec le flash à synchronisation lente. Mais pas sûr que la flash soit adéquat ici, j’y reviens plus après.




3.) La balance des blancs


Pour rappel : la balance des blancs permet d’obtenir le blanc… bien blanc. Et donc de s’assurer que les autres couleurs sont bien fidèle à elles-mêmes aussi.

« Je m’en fous, je me mets en balance des blancs automatique et c’est bon ! »


Mhm.

Oui.

Mais non.


La balance des blancs automatique en intérieur avec des éclairages divers ne fonctionne pas très bien. Et vous risquez d'être déçu par les photos obtenues (aussi déçu que par le cadeau que vous offert votre belle-mère pour Noël).

En fait, les lumières des projecteurs d’une salle de spectacle ont tendance à avoir une teinte à dominante jaune (comme les ampoules incandescentes de votre maison).


En conséquence, si vous n'utilisez pas le bon réglage de la balance des blancs : votre sujet risque d’être jaunâtre. On aura l’impression qu’il souffre d’une maladie hépatique. Mais si c’est bien le cas du personnage, alors aucun souci.


« Alors comment faire ? »

La solution la plus simple est de prendre vos photos dans un format brut (comme le format RAW par exemple). Au développement il est très simple de corriger la balance des blancs avec ce format de prise de vue. Avec des logiciels de développement comme Adobe Lightroom.


« Mais je ne prends mes photos qu’en JPEG… » dit le lecteur triste.

Pour commencer et mettre les choses au clair : je ne vous le conseille pas de prendre vos photos en JPEG. Vous obtenez des photos avec un « développement automatique ». Ce qui limite grandement le potentiel de vos photos.

Mais admettons que vous n’ayez pas le choix.


Dans ce cas : essayez de définir une balance des blancs personnalisée. Attention si la nature des lumières change : il faudra la refaire. Consultez le manuel de votre appareil photo pour savoir comment procéder exactement. Généralement la procédure consiste à prendre une photo d'un objet d'un blanc pur dans les conditions d'éclairage utilisées sur scène. Puis à l'utiliser comme référence pour les autres photos.


Vous pouvez aussi essayer les préréglages type « incandescent » ou « tungstène » si toutes les lumières sont de même nature. Mais c’est rarement le cas…



4.) La lumière

En salle fermée de spectacle : la lumière sera généralement toujours INFUFISANTE (comme vos notes en histoire au lycée).


Ce qui se traduit au niveau des réglages par :

  • ouvrir plus (pour les sujets isolés vous pouvez ouvrir au maximum, pour le reste ça dépend de la profondeur de champ souhaitée)

  • allonger son temps de pose (mais pas plus lent que 1/125 s – 1/250 s comme vu au-dessus)

  • augmenter sa valeur ISO (jusqu’à 800-1600 sur APS-C, 1600-3200 sur 24x36)


Petite note sur les ISO : rappelez-vous TOUJOURS qu’il vaut mieux avoir un peu de bruit sur une photo, qu’une photo totalement floue et inexploitable (à cause d’un temps de pose trop lent).


Petite note pour l’ouverture : utilisez un objectif rapide (qui ouvre très grand comme à f/1,4 – f/1,8), comme un objectif à lentille fixe de 50 mm. Ces grandes ouvertures permettent à de faire rentrer plus de lumière jusqu’au capteur. Ce qui permet de prendre des photos avec des temps de pose plus courts sans devoir utiliser une valeur ISO très élevée.


« Et le flash ça ne peut pas aider ? »

C’est en effet une solution qui semble louable au premier abord.


MAIS !


Bien que l'utilisation du flash vous permettrait de prendre des photos à une sensibilité ISO plus faible, et une ouverture plus fermée, et un temps de pose plus court


3 problèmes s’imposent :


1. Il faudrait que soyez assez proche des acteurs pour que le flash soit réellement efficace (non, mettre son flash dans un stade ne sert à rien)

2. Le flash peut être extrêmement gênant pour les acteurs comme pour le public. (À moins d’avoir une permission… mais ça reste bof pour les acteurs.)

3. Le flash a tendance à gâcher l'ambiance travaillée avec l’éclairage. Certaines parties de la scène sont éclairées d'une certaine manière afin de créer une ambiance. Le flash arrive et détruit tout simplement ce travail.

Donc le flash : merci, mais non merci.




5.) Le mode rafale


Attention : ce conseil est à double tranchant.

On utilise habituellement le mode d’acquisition rafale pour la photographie sportive. Mais il est aussi bien pratique pour les performances scéniques.

Si vous connaissez la pièce, le scénario et le déplacement des acteurs : son utilité est moins pertinente.


MAIS !


Si vous ne savez pas vraiment ce qui va se passer. Le mode rafale vous permet d’être plus réactif et de pas manquer les moments les plus excitants lorsqu'ils se produisent. Cela peut aller de l'action sur scène aux expressions sur les visages des acteurs, mais aussi aux effets scéniques.


« Et du coup c’est quoi l’inconvénient du mode rafale ? »

C’est que vous mitraillez. Donc ça veut dire plus de tri à la maison. Et aussi des cartes mémoires qui se remplissent plus vite.

Faîtes votre choix !




Conclusion

On arrive à la fin de cet article sur comment photographier une pièce de théâtre. Je vous ai donné les bases pour vous en sortir plus que correctement.


Maintenant tout repose sur une seule personne : vous. Mais bon, n’hésitez pas à revenir lire mon article si besoin. Il reste là bien sagement. Je l’ai bien dressé, il ne bougera pas.


Moi je vous laisse ici à vos photos d’art dramatique et je vous dis à bientôt sur les internets MONDIAUX !

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